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Le vieillissement démographique qui caractérise
notre pays représente un des défis majeurs
du XXIème siècle, défi social, défi médical et défi économique. En effet, si la progression de l’espérance
de vie à laquelle nous assistons depuis le
début du siècle dernier constitue une véritable
révolution de la longévité, elle s’associe également à une augmentation significative, dans les
tranches d’âge les plus élevées, des maladies
chroniques et de leurs conséquences en termes
d’incapacités et de handicaps. Ce contexte
démographique a par conséquent, et aura sans
nul doute, un impact de plus en plus marqué
sur notre de système de protection sociale, que
ce soit au titre de la vieillesse, de la famille ou
de la santé. Cet impact sera d’autant plus significatif
si l’on considère par ailleurs l’amoindrissement
du rôle de la famille dans la prise en
charge des personnes âgées atteintes de handicaps. Il s’avère donc nécessaire de prendre la
mesure des enjeux liés à cette évolution démographique
tant au plan des retraites que des
besoins en matière sanitaire et médico-sociale.
Certaines prévisions laissent entrevoir que le
nombre de personnes dépendantes passerait de
980 000 personnes en 2020 à 1 225 000 en 2040
et augmenterait ainsi de 53 %. La tranche d’âge
de 80 ans et plus devrait majoritairement contribuer à cette hausse. Ces prévisions ne seront pas
sans impact sur les conditions de vie et de prise
en soin des personnes âgées dépendantes. Les
modalités du soutien à domicile, qui conditionnent
leur « maintien » dans le milieu de vie
auquel elles aspirent le plus, nécessitent donc
plus que jamais d’être formalisées.
Un tel enjeu méritait bien que 23 experts
représentant toutes les disciplines concernées
confrontent leurs points de vue pour construire
ensemble et proposer les recommandations qui
suivent. Ce travail s’adresse aux professionnels, à la communauté scientifique, aux décideurs
des secteurs médical et social, aux hommes politiques,
mais aussi à tous ceux qui, chaque jour
sur le terrain, cherchent des solutions pour faciliter
le soutien à domicile des personnes âgées.
Ces recommandations s’appuient sur quelques
idées forces. La première est celle du partage,
partage entre tous les acteurs du même langage,
des mêmes concepts et des mêmes outils.
La seconde est celle du réseau, la seule réponse
organisationnelle possible pour faire face à l’enjeu
de coordination. La troisième est celle de la
globalité, notamment dans l’analyse des besoins
de la personne âgée. La quatrième est celle de
l’évaluation toujours répétée, car sans objectif
ni mesure nous ne pourrons garantir l’efficience
de nos actions. Souhaitons que ces recommandations
constituent le point de départ d’une
prise de conscience collective de l’impérieuse
nécessité pour la collectivité d’investir en temps
et en compétences sur ce sujet.
De gauche à droite
et de haut en bas :
Philippe Attalin,
André Talazac,
Jocelyne Wrobel,
Maryvonne Lyazid,
Jackie Brunet,
Frank Noguero,
Vincent Leroux,
Joël Ankri,
Alain Colvez, Étienne André,
Éric Malevergne,
Jean-Louis Richard, Bernard Guiraud-Chaumeil, Bernard Charles,
Gisèle Gidde,
Claude Jeandel,
Michel Hannoun,
Henri Parent,
Marcel Garnier,
Jean-Pierre Aquino |
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